L’État islamique prévoyait de frapper le Hamas à Gaza

On les imagine souvent alliés. Pourtant, l’État islamique et le Hamas se livrent une rivalité féroce. Des partisans de l’organisation djihadiste ont menacé de s’en prendre au mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, au même titre qu’à Israël. Une menace qui révèle les fractures au sein de la mouvance islamiste radicale.

Une vidéo de menaces

Le bureau d’information de la province d’Alep, affilié à l’État islamique, a diffusé une vidéo intitulée Un message à nos forces à Jérusalem. Les membres de l’organisation y déclaraient la guerre à Israël et au Hamas depuis Gaza. Un djihadiste originaire de Gaza, Abou Azzam al-Ghazzawi, s’en prenait directement à ceux qu’il appelait les tyrans du Hamas.

Dans son message, il affirmait que le Hamas, le Fatah et tous les laïcs ne comptaient pour rien dans les calculs de l’organisation, promettait de déraciner l’État des Juifs et assurait que Gaza serait gouvernée par la charia malgré le Hamas.

Le Hamas accusé d’apostasie

Abou Qatada al-Filistini, qui dirigeait une faction de l’État islamique à Alep, accusait le Hamas de glisser progressivement vers l’apostasie. Aux yeux des djihadistes, le mouvement a trahi la cause en participant à des élections, en négociant des trêves avec Israël et en ne mettant pas en œuvre une application stricte de la charia.

Le Hamas, de son côté, réprime les groupes salafistes djihadistes présents à Gaza. Il a arrêté des militants, démantelé des cellules et affronté par les armes certains groupes qui contestaient son autorité. Ces groupes ont parfois tiré des roquettes vers Israël pour entraîner le Hamas dans une confrontation qu’il ne souhaitait pas.

Le Sinaï, base arrière

La rivalité est d’autant plus sensible que la branche de l’État islamique implantée dans le Sinaï égyptien, à la frontière de Gaza, mène une insurrection meurtrière contre l’armée égyptienne. Le Hamas a été accusé par Le Caire d’entretenir des liens avec ces djihadistes, notamment à travers la contrebande. Mais les menaces publiques de l’État islamique montrent que les relations sont loin d’être harmonieuses.

Ce que cela signifie pour Israël

Pour Israël, l’émergence d’acteurs encore plus radicaux que le Hamas à Gaza constitue un risque supplémentaire. Elle complique la dissuasion, car ces groupes n’obéissent à aucune logique de négociation. Elle rappelle aussi que l’islamisme radical n’est pas un bloc homogène, mais un ensemble de mouvements en concurrence, qui se disputent la légitimité et le contrôle des territoires, souvent au détriment des populations civiles.