L’ex-patron du Mossad raconte sa mission de sauvetage à Entebbe

L’opération Entebbe reste l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire militaire israélienne. Des terroristes avaient détourné un avion civil, forcé le pilote à atterrir à Entebbe, en Ouganda, et retenu en otages les passagers juifs et israéliens. Tamir Pardo, qui deviendra des décennies plus tard directeur du Mossad, faisait partie des soldats engagés dans le sauvetage. Il raconte aujourd’hui cette nuit hors du commun.

Un jeune officier de Sayeret Matkal

Enrôlé dans l’armée israélienne, Tamir Pardo a servi comme officier dans Sayeret Matkal, l’unité d’élite des forces spéciales. Pendant l’opération, il était l’officier de transmissions du commandant de l’assaut, le lieutenant-colonel Yonatan Netanyahou, frère aîné du futur Premier ministre. Yoni Netanyahou fut le seul soldat israélien tué lors du raid, et son nom reste attaché à la mémoire de l’opération.

Le récit de Pardo plonge dans la préparation de la mission : la distance considérable à parcourir, l’incertitude sur la position exacte des otages, la nécessité d’agir vite et en secret, et la décision de recréer à l’identique une partie de l’aéroport pour s’entraîner.

Une opération d’une audace inédite

Les avions de transport de l’armée de l’air israélienne ont traversé l’Afrique de nuit pour se poser à Entebbe. Les commandos ont surgi de la soute, ont pris d’assaut le terminal où étaient détenus les otages et ont neutralisé les preneurs d’otages ainsi que des soldats ougandais. En moins d’une heure, la grande majorité des otages était libérée et embarquée vers Israël.

Le succès a eu un retentissement mondial. Il a démontré qu’un État pouvait refuser de céder au chantage terroriste et aller chercher ses citoyens jusqu’au cœur d’un pays hostile.

Du terrain au renseignement

Après son service militaire, terminé avec le grade de capitaine, Tamir Pardo a rejoint le Mossad. Il y a fait toute sa carrière, jusqu’à en prendre la direction. Son témoignage sur Entebbe éclaire la culture de l’initiative et de la responsabilité qui caractérise les unités d’élite israéliennes, et qui irrigue aussi les services de renseignement.

Pour les jeunes générations, entendre un acteur direct de l’opération raconter ses souvenirs permet de mesurer la part de risque, de préparation et de courage qu’a exigée cette mission. Entebbe n’est pas seulement un fait d’armes : c’est devenu un symbole de la détermination d’Israël à protéger les Juifs où qu’ils se trouvent.