Un religieux égyptien exige de changer les lois de la physique lorsqu’elles s’opposent au Coran
Les déclarations ont surpris jusqu’en Égypte. Un religieux égyptien, Alfargaly, a soutenu que lorsque les sciences entrent en conflit avec le Coran, il suffit de changer les sciences. Les lois de la physique figurent particulièrement dans son collimateur.
Des ministres sommés de choisir
Dans un article, le prédicateur interpellait plusieurs membres du gouvernement égyptien. Le ministre des Finances gère-t-il l’économie et les banques selon la charia, qui interdit l’intérêt ? Autorisera-t-il l’exportation de produits agricoles susceptibles de servir à produire de l’alcool ? Le ministre des Affaires étrangères place-t-il les intérêts de l’islam avant ceux de l’État-nation ? Pour lui, les ministres devraient avoir reçu une éducation islamique méthodique.
Ses remarques les plus controversées concernent l’enseignement. Il s’interroge sur la question de savoir si le ministre de l’Éducation adoptera une éducation islamique ou laïque, et si des notions comme la loi de conservation de l’énergie, enseignées dans le système laïc, seront présentées selon une perspective religieuse.
Pourquoi la conservation de l’énergie dérange
La loi de conservation de l’énergie affirme que l’énergie ne se crée ni ne se perd, mais se transforme. Certains religieux y voient une contradiction avec l’idée d’une création divine à partir de rien. D’autres penseurs musulmans, au contraire, ont toujours considéré que l’étude de la nature et la foi pouvaient coexister, en rappelant le rôle majeur des savants du monde islamique médiéval en mathématiques, en astronomie et en médecine.
Les propos d’Alfargaly ne représentent donc pas l’ensemble de la pensée religieuse en Égypte. Mais ils traduisent une tendance qui cherche à soumettre la connaissance scientifique à une lecture littérale des textes.
Un débat sur l’avenir de l’école égyptienne
L’Égypte connaît depuis longtemps une tension entre institutions religieuses, comme l’université al-Azhar, et un État qui se veut garant d’un enseignement moderne. Le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé à plusieurs reprises à une rénovation du discours religieux, notamment pour lutter contre l’extrémisme.
Dans ce contexte, les déclarations sur la physique alimentent un débat plus large : quelle place accorder à la religion dans les programmes scolaires, et comment garantir que les élèves reçoivent une formation scientifique solide ? Pour de nombreux enseignants et intellectuels égyptiens, l’avenir économique du pays dépend justement de sa capacité à former des ingénieurs, des chercheurs et des médecins rompus à la méthode scientifique. Remettre en cause les lois de la physique au nom de la foi irait à l’encontre de cet objectif.

