Un médecin viscéralement anti-israélien français reçoit un blâme de l’Ordre des médecins
La décision a fait réagir dans les milieux médicaux et associatifs. La chambre disciplinaire du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris a condamné à un blâme le professeur Christophe Oberlin, chirurgien connu pour ses prises de position virulentes contre Israël.
À l’origine, une question d’examen
L’affaire remonte à une plainte du professeur Haïat, président de l’Association des médecins israélites de France. Il avait dénoncé une question d’examen de droit humanitaire posée dans le cadre d’un certificat optionnel de médecine humanitaire. Cette question s’appuyait sur un cas tiré d’un rapport onusien consacré à la guerre de Gaza. Elle a été jugée partiale et partisane.
La chambre disciplinaire a également estimé que le professeur Oberlin avait tenu, sur un site internet, des propos antisémites. C’est l’ensemble de ces éléments qui a conduit à la sanction.
Le rôle de l’Ordre des médecins
L’Ordre des médecins veille au respect du code de déontologie médicale, qui impose notamment au praticien de ne pas déconsidérer la profession et de s’abstenir de toute discrimination. Les sanctions disciplinaires vont de l’avertissement à la radiation, en passant par le blâme et l’interdiction temporaire d’exercer. Le blâme est une sanction modérée, mais elle est inscrite au dossier du médecin et a une portée symbolique importante.
Dans ce dossier, la question posée était celle des limites entre l’engagement militant d’un médecin et ses obligations professionnelles, en particulier lorsqu’il enseigne. Un enseignant a une responsabilité particulière envers ses étudiants : celle de transmettre un savoir objectif, et non une vision politique.
Un engagement controversé
Le professeur Oberlin s’est rendu à de nombreuses reprises à Gaza pour opérer des blessés. Il a publié des ouvrages et donné des conférences très critiques envers Israël, et il a été cité comme soutien de l’humoriste Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour des propos antisémites. Ses partisans le présentent comme un médecin humanitaire engagé, ses détracteurs comme un militant qui utilise son titre pour diffuser une propagande hostile.
La décision de l’Ordre a été saluée par l’Association des médecins israélites de France, qui y voit la reconnaissance qu’un engagement politique ne peut servir d’excuse à des propos antisémites. Elle rappelle que l’exercice de la médecine, comme son enseignement, reste soumis à des règles éthiques qui s’appliquent à tous les praticiens, quelles que soient leurs convictions.

