Y. Lapid demande au chef de l’UNRWA : « qui vous a demandé votre avis ? »

Le député centriste Yaïr Lapid a répondu sans détour au porte-parole de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine, l’UNRWA. Chris Gunness avait critiqué la démolition par Israël des maisons de terroristes. Sur Facebook, le chef de Yesh Atid lui a lancé une question cinglante : qui vous a demandé votre avis ?

Le mandat de l’UNRWA en question

Pour l’ancien ministre des Finances, le rôle de l’UNRWA consiste à fournir du travail et à répondre aux besoins de base des populations dont elle a la charge, et non à se mêler des affaires de sécurité d’un État souverain. Il a également souligné que rien dans le parcours de Chris Gunness ne le qualifiait pour donner des leçons à Israël sur la manière de protéger ses citoyens.

L’UNRWA est depuis longtemps la cible de critiques en Israël. On lui reproche de perpétuer le statut de réfugié de génération en génération, d’employer du personnel proche du Hamas et de diffuser dans ses écoles des contenus hostiles à Israël. Ses défenseurs rappellent qu’elle assure l’éducation, la santé et l’aide alimentaire à une population nombreuse et vulnérable.

La démolition des maisons, une mesure controversée

La destruction des domiciles des auteurs d’attentats est une mesure ancienne, que les autorités israéliennes présentent comme un moyen de dissuasion. L’idée est de faire comprendre aux familles et à l’entourage des terroristes que le passage à l’acte a des conséquences concrètes. Les organisations de défense des droits de l’homme la qualifient de punition collective, et elle fait régulièrement l’objet de recours devant la Cour suprême israélienne.

C’est sur ce terrain que Chris Gunness s’était exprimé, en dénonçant les démolitions. Pour Yaïr Lapid, il s’agissait d’une ingérence politique de la part d’un fonctionnaire international censé rester neutre.

Un message adressé aux institutions internationales

Au-delà de la passe d’armes, la réaction de Lapid traduit un sentiment largement partagé dans la classe politique israélienne, de droite comme du centre : celui d’un traitement inéquitable d’Israël par plusieurs agences onusiennes. Le député a voulu rappeler que la responsabilité de la sécurité des Israéliens incombe à leur gouvernement élu.

Ce type d’échange illustre les relations tendues entre Israël et l’UNRWA, qui ont depuis connu de nouveaux épisodes et alimentent un débat récurrent sur l’avenir de l’agence et sur la manière dont la communauté internationale aborde la question des réfugiés palestiniens.