L’Autorité palestinienne va augmenter le salaire des assassins de la famille Fogel

Le massacre de la famille Fogel reste l’un des crimes les plus traumatisants de l’histoire récente d’Israël. Des années plus tard, ses auteurs continuent de faire parler d’eux, non par des remords, mais parce que l’Autorité palestinienne s’apprête à augmenter les allocations qu’elle leur verse en prison. Une décision qui relance la polémique sur le financement, notamment européen, de ce système.

Le massacre d’Itamar

Hakim Awad et Amjad Awad, deux jeunes Palestiniens du village voisin d’Awarta, se sont introduits de nuit dans la maison de la famille Fogel, dans la localité d’Itamar, au sud-est de Naplouse. Ils ont d’abord tué deux des enfants pendant leur sommeil, puis les parents, Ehud et Ruth. Après avoir quitté la maison, l’un des deux est revenu pour chercher des armes. Entendant pleurer un bébé de quelques mois, il l’a assassiné à son tour. Cinq membres de la famille ont perdu la vie.

Les deux meurtriers sont retournés dans leur village après l’attaque, avant d’être arrêtés et condamnés par la justice israélienne. Ils purgent aujourd’hui de lourdes peines de prison.

Un système de rémunération des détenus

L’Autorité palestinienne verse des allocations mensuelles aux prisonniers condamnés pour des actes de terrorisme, ainsi qu’aux détenus libérés. Le montant augmente avec la durée de la peine, ce qui revient à mieux rémunérer les auteurs des crimes les plus graves. Elle verse également des sommes importantes aux terroristes blessés et aux familles des assaillants tués.

Les dirigeants palestiniens présentent ce dispositif comme une aide sociale aux familles de prisonniers. Ses détracteurs le décrivent comme une incitation directe à la violence, puisqu’il assure un revenu à ceux qui passent à l’acte. En Israël, il est souvent désigné par l’expression payer pour tuer.

La question de l’aide internationale

L’Autorité palestinienne dépend largement de l’aide extérieure, notamment de l’Union européenne et de plusieurs États membres, dont la France. Bien que les donateurs affirment que leurs fonds sont affectés à des projets précis, l’argent étant fongible, ces contributions permettent indirectement à l’Autorité de maintenir les allocations versées aux détenus.

Plusieurs parlements ont débattu de conditions à imposer à cette aide. Certains pays ont suspendu ou réduit une partie de leurs versements. Pour les proches des victimes, il est insupportable que les assassins d’une famille entière bénéficient d’un revenu en hausse. L’affaire des Fogel est devenue le symbole d’un système que ses critiques demandent de démanteler, au nom de la lutte contre l’incitation à la violence.