Les syndicats de journalistes français volent au secours d’un membre de l’organisation terroriste FPLP
Plusieurs syndicats de journalistes français ont adressé une lettre à l’ambassadrice d’Israël en France pour réclamer la libération d’Omar Nazzal, un journaliste palestinien placé en détention administrative. Pour les autorités israéliennes, l’homme n’est pas seulement un journaliste : il est soupçonné d’appartenir au Front populaire de libération de la Palestine, une organisation classée terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne.
Ce que demandent les syndicats
Dans leur courrier, les syndicats dénoncent un déni de justice, la détention ayant été prolongée sans procès ni inculpation. Ils rappellent qu’Omar Nazzal a entamé une grève de la faim pour protester contre son incarcération et tiennent Israël pour responsable de son état de santé. Ils réclament plus largement la fin des détentions de journalistes palestiniens, des poursuites engagées contre eux, ainsi que des restrictions de circulation et des censures qui entravent, selon eux, leur mission d’informer.
Les signataires invoquent les conventions internationales sur les droits de l’homme, la liberté syndicale et la liberté de la presse.
La version israélienne
Les services de sécurité israéliens affirment qu’Omar Nazzal est un militant actif du FPLP et que ses activités dépassent largement le cadre du journalisme. Le recours à la détention administrative, qui permet de détenir une personne sans procès sur la base de renseignements confidentiels, est justifié par Israël comme un outil indispensable lorsque les preuves ne peuvent être produites en audience sans compromettre des sources.
Cette procédure est vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme, qui y voient une atteinte au droit à un procès équitable. Elle est toutefois soumise au contrôle des tribunaux militaires et, en dernier ressort, de la Cour suprême israélienne.
Le FPLP, une organisation à l’histoire violente
Le Front populaire de libération de la Palestine, d’inspiration marxiste, est à l’origine de nombreux détournements d’avions et attentats meurtriers. Il continue de revendiquer la lutte armée contre Israël. Pour les critiques de la démarche syndicale, prendre la défense d’un de ses membres présumés au nom de la liberté de la presse revient à ignorer cette dimension.
Le débat oppose deux logiques : celle de la protection inconditionnelle des journalistes et celle de la lutte contre le terrorisme, qui peut viser des personnes exerçant aussi une activité de presse. Les syndicats français ont choisi leur camp. Leurs détracteurs leur reprochent une lecture à sens unique du conflit, et leur silence sur la situation des journalistes réprimés par l’Autorité palestinienne ou par le Hamas.

