Une nouvelle vidéo accrédite la thèse du soldat accusé d’avoir tué le terroriste d’Hébron
L’affaire du soldat accusé d’avoir abattu un assaillant palestinien déjà neutralisé à Hébron divise profondément la société israélienne. Une nouvelle vidéo, publiée par la radio de l’armée, est venue apporter un élément en faveur de la thèse défendue par le militaire : il aurait craint que le terroriste ne déclenche une charge explosive.
Ce que montre la vidéo
Sur les images, des ambulanciers portent un soldat blessé par les assaillants palestiniens. Hors du champ de la caméra, une voix crie qu’il a apparemment des explosifs sur lui, qu’il faut faire attention et que personne ne doit le toucher avant l’arrivée des démineurs. Quelques secondes plus tard, l’un des secouristes répète un avertissement entendu peu avant : le terroriste est encore en vie, il ne faut pas le laisser se relever.
Pour la défense du soldat, ces paroles montrent que la crainte d’une explosion était partagée par plusieurs personnes présentes sur les lieux, et que son geste pouvait s’expliquer par la perception d’un danger immédiat.
Une affaire qui déchire Israël
Les faits ont été filmés par un militant d’une ONG, et la première vidéo, montrant le soldat tirant sur un homme à terre, avait provoqué une vive émotion. L’état-major et le ministre de la Défense avaient condamné le geste, estimant qu’il contrevenait aux valeurs et aux règles d’engagement de Tsahal. Le soldat a été poursuivi devant un tribunal militaire.
Dans l’opinion publique, de nombreux Israéliens ont pris sa défense. Une pétition en ligne faisant son éloge a recueilli un grand nombre de signatures, et des rassemblements de soutien ont été organisés. Pour ses partisans, il n’était qu’un jeune soldat plongé dans une situation de stress extrême. Pour ses détracteurs, l’armée devait montrer que l’usage de la force reste encadré, y compris face à un terroriste.
Le rôle des preuves
La nouvelle vidéo n’a pas clos le débat, mais elle a enrichi le dossier. Les juges devaient déterminer si le soldat avait réellement perçu une menace au moment du tir, ou s’il avait agi par vengeance. Les experts en déminage et les témoins ont été entendus sur la possibilité qu’un assaillant blessé porte une ceinture explosive.
Cette affaire illustre la difficulté de juger des actes commis en quelques secondes, dans un contexte d’attaques répétées. Elle pose aussi une question de fond pour une armée de conscription : comment concilier la protection des soldats avec le respect strict de règles éthiques que l’institution considère comme essentielles à son identité.

