Moshe Kahlon : les rumeurs d’alliance avec Lapid ou Lieberman sont fausses

Dans la vie politique israélienne, les rumeurs d’alliances électorales circulent à grande vitesse, surtout à l’approche d’un scrutin. Moshe Kahlon, fondateur du parti Koulanou, a voulu y couper court : selon lui, les informations faisant état d’un rapprochement avec Yaïr Lapid, chef de Yesh Atid, ou avec Avigdor Lieberman, dirigeant d’Israël Beytenou, sont tout simplement fausses.

Un parti construit sur une promesse sociale

Ancien ministre des Communications issu du Likoud, Moshe Kahlon s’est fait connaître pour la réforme du marché de la téléphonie mobile, qui a fait baisser les factures des ménages israéliens. Il a ensuite fondé Koulanou, un parti centré sur le coût de la vie, le logement et la lutte contre les monopoles. Son positionnement se veut proche des classes moyennes et des quartiers populaires, avec une ligne modérée sur les questions de sécurité.

Cette identité explique pourquoi Kahlon tient à son indépendance. Fusionner avec une autre formation risquerait de diluer son message économique et de brouiller l’image d’un parti qui se présente comme pragmatique plutôt qu’idéologique.

Lapid et Lieberman, des partenaires supposés

Sur le papier, un rapprochement avec Yaïr Lapid aurait pu sembler logique : les deux hommes s’adressent à un électorat centriste et laïque soucieux de son pouvoir d’achat. Mais leurs ambitions personnelles et leurs styles politiques divergent. Avec Avigdor Lieberman, la proximité tient davantage à certaines positions sur la sécurité et à une base électorale partiellement commune, notamment parmi les immigrants.

En démentant ces deux hypothèses, Kahlon envoie un message clair : Koulanou entend se présenter seul et négocier ensuite, en position de force, son entrée dans une coalition.

Le poids des petits partis dans le système israélien

Le système électoral proportionnel israélien donne un rôle déterminant aux formations de taille moyenne. Aucun parti n’obtenant seul la majorité à la Knesset, ce sont les alliances post-électorales qui décident de la composition du gouvernement. Un parti comme Koulanou peut ainsi devenir faiseur de roi et obtenir des portefeuilles stratégiques, comme celui des Finances.

Pour les électeurs francophones d’Israël, dont une partie suit de près les débats sur l’intégration, le logement et l’emploi, ces jeux d’alliances ont des conséquences concrètes. La décision de Kahlon de rester autonome reflète une stratégie fréquente : préserver sa marque jusqu’au jour du vote, puis peser de tout son poids dans les négociations qui suivent.