Un chercheur israélien désactive un gène responsable de la formation des métastases
Les métastases, ces tumeurs secondaires qui se forment lorsque des cellules cancéreuses migrent vers d’autres organes, sont responsables de la grande majorité des décès liés au cancer. Empêcher leur formation est l’un des grands défis de la recherche oncologique. Une équipe de chercheurs israéliens a franchi une étape encourageante en identifiant puis en désactivant un gène qui joue un rôle clé dans ce processus, dans le cadre du cancer du sein.
Une approche fondée sur le croisement des données
Plutôt que de partir d’une hypothèse unique, les scientifiques ont exploité d’énormes bases de données. Ils ont croisé quatre types d’informations : les mutations de l’ADN qui caractérisent le cancer du sein, un ensemble de gènes responsables de la modification de la forme de la cellule, des gènes présentant des domaines de liaison avec des microARN régulateurs capables d’éteindre l’expression d’un gène, et enfin des données cliniques sur les mutations effectivement observées chez des patientes.
Le recoupement de ces données a permis d’isoler un gène spécifique appartenant aux quatre groupes à la fois. Une fois ce gène désactivé, les cellules cancéreuses ne parvenaient plus à migrer de la tumeur primaire vers les organes vitaux.
Pourquoi la forme de la cellule compte
Pour quitter une tumeur, une cellule cancéreuse doit changer de forme, se détacher de ses voisines, traverser les tissus et pénétrer dans la circulation sanguine ou lymphatique. Ce voyage exige une grande plasticité. Les gènes qui contrôlent le squelette interne de la cellule et sa capacité à se déformer sont donc des cibles logiques pour freiner la dissémination.
Les microARN, de petites molécules qui régulent l’activité des gènes, offrent un levier supplémentaire. En comprenant comment ils interagissent avec le gène identifié, les chercheurs espèrent concevoir des stratégies capables de l’éteindre de façon ciblée, sans perturber le fonctionnement des cellules saines.
Des perspectives thérapeutiques à confirmer
Comme toute découverte de laboratoire, ce résultat doit encore être confirmé par d’autres études avant de déboucher sur un traitement. Il faudra vérifier l’efficacité de l’approche sur différents modèles, évaluer les effets secondaires possibles et mettre au point une méthode d’administration adaptée aux patientes.
Cette recherche illustre toutefois la vitalité de la science israélienne dans le domaine biomédical, où les universités et les instituts de recherche du pays contribuent régulièrement à des avancées reconnues internationalement. Elle montre aussi tout le potentiel de l’analyse de grandes masses de données biologiques : en combinant génétique, biologie cellulaire et données cliniques, il devient possible de repérer des cibles qui auraient échappé aux approches classiques. Pour les patientes atteintes d’un cancer du sein, la perspective de bloquer la formation des métastases représente un espoir considérable.

