Un imam iranien est formel : le libérateur chiite viendra sur terre depuis un engin spatial

La guerre des étoiles version chiite. Un grand ayatollah iranien a récemment déclaré que le Mahdi, figure messianique du chiisme, arrivera sur Terre à bord d’un navire super-moderne comparable à un vaisseau spatial. Selon lui, jusqu’à ce moment, il n’y aura ni paix, ni sécurité, ni décence dans le monde.

Ce qu’a dit l’ayatollah Makarem Shirazi

L’ayatollah Naser Makarem Shirazi, l’un des plus hauts dignitaires religieux de Qom, répondait à des questions de fidèles sur le retour du Mahdi, également appelé l’Imam caché. Dans l’eschatologie chiite duodécimaine, ce douzième imam aurait disparu dans l’enfance et reviendrait à la fin des temps pour conquérir le monde, le débarrasser du mal et instaurer la justice avant le jour du Jugement.

Les explications du religieux ont été traduites et publiées par l’institut MEMRI, spécialisé dans la surveillance des médias du Moyen-Orient. Elles s’appuyaient sur les enseignements islamiques, sur des hadiths et sur des citations d’imams précédents. L’image d’un engin venu du ciel, déjà présente dans certaines traditions sous forme de nuées ou de montures miraculeuses, est ici transposée dans un vocabulaire technologique moderne.

Le mahdisme, pilier idéologique de la République islamique

Ces propos peuvent prêter à sourire, mais ils ne sont pas anodins. L’attente du Mahdi occupe une place centrale dans l’idéologie du régime iranien. La Constitution de la République islamique fait référence à l’Imam caché, et le principe du gouvernement du juriste-théologien repose sur l’idée que les religieux exercent l’autorité en son absence.

Plusieurs dirigeants iraniens ont publiquement invoqué l’imminence de ce retour. Pour certains analystes, cette eschatologie nourrit une vision du monde où les crises et les conflits sont interprétés comme des signes annonciateurs de la fin des temps. C’est l’une des raisons pour lesquelles les déclarations de dignitaires religieux de premier plan sont suivies avec attention en Occident et en Israël.

Entre croyance et politique

Il faut distinguer la foi des croyants, qui relève de la liberté religieuse, de l’usage politique qui en est fait. Lorsque des autorités influentes affirment qu’aucune paix n’est possible avant l’avènement d’un sauveur, elles relativisent de fait la valeur des accords et des compromis entre nations.

La déclaration de l’ayatollah Makarem Shirazi illustre ainsi la manière dont des récits religieux anciens s’adaptent au langage contemporain. Le vaisseau spatial remplace la monture céleste, mais le message reste le même : l’histoire humaine serait suspendue à une intervention surnaturelle. Une vision qui, au sommet de l’État iranien, n’est pas sans conséquences sur la manière d’aborder les relations internationales.