Une légende du Lehi : « Israël ne combat pas la terreur ! »
Il a connu la Palestine mandataire, la lutte clandestine et la naissance de l’État d’Israël. Ezra Yakhin, octogénaire et ancien membre du Lehi, l’un des groupes clandestins juifs qui ont combattu les autorités britanniques avant l’indépendance, a confié au média Aroutz Sheva son regard sur l’Israël d’aujourd’hui. Son verdict est sévère : selon lui, le pays ne combat plus réellement la terreur.
Une mémoire marquée par la violence
Ezra Yakhin raconte que, depuis qu’il a ouvert les yeux, il a entendu parler de Juifs tués par des Arabes. Bébé, il a échappé de justesse à un massacre dans le quartier de Yemin Moshé, à Jérusalem. C’est cette conscience précoce du danger qui l’a conduit plus tard à s’engager dans la lutte armée au sein du Lehi, aussi appelé groupe Stern par les Britanniques.
Le Lehi était le plus radical des mouvements clandestins juifs. Il a mené des actions contre l’administration britannique et contre les forces arabes, actions qui restent aujourd’hui encore l’objet de débats historiques.
Un constat amer sur le présent
Pour le vétéran, la situation actuelle n’est plus la même qu’à l’époque de sa jeunesse. Les attaques continuent, dit-il, mais Israël ne saurait plus combattre le terrorisme avec la détermination nécessaire. À la guerre, il faut gagner, affirme-t-il, regrettant que le pays ait renoncé à se battre pour l’emporter et se contente de gérer les crises.
Il étend sa réflexion à la diaspora : lorsque des Juifs sont menacés en Europe ou ailleurs, il estime qu’on n’a pas le droit de se taire et de ne pas se défendre.
Le regard d’une génération
Les propos d’Ezra Yakhin reflètent une sensibilité présente chez une partie des anciens combattants de l’indépendance, qui jugent la politique sécuritaire contemporaine trop prudente, trop dépendante de la pression internationale. D’autres responsables, militaires ou politiques, rappellent au contraire que le contexte a changé : Israël est un État doté d’une armée puissante, soumis au droit international et à des contraintes diplomatiques que les mouvements clandestins ignoraient.
Le témoignage de ce vétéran n’en reste pas moins précieux. Il rappelle que la question de la sécurité traverse toute l’histoire du sionisme, des premiers pionniers jusqu’à aujourd’hui, et que chaque génération apporte sa propre réponse au dilemme entre force et retenue. Pour les plus jeunes, entendre la voix de ceux qui ont vécu la naissance du pays permet de mesurer le chemin parcouru, et les débats qui demeurent.

