Nouveau camouflet pour B. Obama

Le président américain Barack Obama a essuyé un nouveau revers sur le dossier iranien. Dans une lettre rendue publique, une très large majorité des élus de la Chambre des représentants, démocrates comme républicains, lui a demandé d’obtenir des garanties strictes dans les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.

Une lettre transpartisane

Les représentants justifient leur démarche par les questions graves et urgentes soulevées au cours des discussions entre l’Iran et le groupe des grandes puissances réunissant les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les négociations devaient reprendre en Suisse, avec une date butoir pour parvenir à un accord politique.

Les élus rappellent les décennies de dissimulation iranienne et estiment que les négociateurs doivent obtenir les engagements de transparence les plus larges possibles. Ils demandent que tout régime d’inspection permette d’accéder rapidement aux sites suspects, et que les restrictions imposées au programme nucléaire soient vérifiables et durables.

Le Congrès veut son mot à dire

Au-delà du contenu, la lettre traduit la volonté du Congrès de peser sur un accord que la Maison-Blanche entendait conclure sans le soumettre formellement à l’approbation des parlementaires. Les élus rappellent que la levée de nombreuses sanctions américaines contre l’Iran relève de la loi, et donc de leur compétence.

Le caractère transpartisan du texte est particulièrement significatif. Qu’un grand nombre de démocrates, membres du parti du président, s’associent à cette démarche montre que l’inquiétude face à un accord jugé trop favorable à Téhéran dépasse les clivages politiques.

Un contexte diplomatique tendu

Cette lettre intervient dans une période de fortes tensions entre l’administration Obama et le gouvernement israélien, opposé à l’accord en discussion. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou s’était adressé directement au Congrès pour mettre en garde contre un compromis qui, selon lui, ouvrirait la voie à une bombe iranienne.

La Maison-Blanche défendait au contraire la diplomatie comme la meilleure option pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, et mettait en garde contre toute initiative du Congrès susceptible de faire échouer les négociations. La lettre des représentants a renforcé la pression sur les négociateurs américains et rappelé que tout accord devrait, d’une manière ou d’une autre, convaincre une large partie de la classe politique américaine.