Vidéo de l’immeuble détruit pour éliminer Kuntar : pour une fois, Israël n’a pas fait preuve de retenue
Les images de l’immeuble en ruine ont fait le tour du monde. Une frappe aérienne attribuée à Israël a visé un bâtiment de la banlieue de Damas où se trouvait Samir Kuntar, l’un des terroristes les plus honnis en Israël. Il a été tué avec plusieurs responsables du Hezbollah.
Qui était Samir Kuntar
Samir Kuntar, Druze libanais, s’était rendu tristement célèbre lors d’une attaque à Nahariya. Infiltré par la mer avec un commando, il avait tué un policier puis un père de famille, Danny Haran, devant sa fille de quatre ans, qu’il avait ensuite assassinée. Dans la panique, la mère, cachée avec sa fille cadette, avait involontairement étouffé l’enfant en tentant de la faire taire.
Condamné en Israël à de lourdes peines, Kuntar a été libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers avec le Hezbollah, en contrepartie de la restitution des corps de deux soldats israéliens. Accueilli en héros au Liban, il a ensuite rejoint le Hezbollah et participé à l’organisation de réseaux sur le plateau du Golan, du côté syrien.
Une frappe sans ménagement
Après une tentative précédente qui avait échoué en visant sa voiture, l’opération a cette fois été conduite sans laisser de chance à la cible. Les restes de l’immeuble fumaient encore lorsque les premières images ont été diffusées, montrant la puissance de feu employée. Israël n’a pas officiellement revendiqué la frappe, conformément à sa pratique habituelle, mais plusieurs responsables se sont félicités de la disparition de Kuntar.
Pour les commentateurs israéliens, l’opération tranchait avec la retenue souvent exigée d’Israël par la communauté internationale. Elle montrait la détermination à empêcher l’installation d’un front terroriste sur le Golan.
Les suites
Le Hezbollah a promis de venger la mort de Kuntar, et la frontière nord a connu une période de tension, avec quelques échanges de tirs. Sur place, le silence relatif qui a suivi la frappe a frappé les observateurs, qui y ont vu le signe que le mouvement chiite, engagé dans la guerre en Syrie, ne souhaitait pas ouvrir un nouveau front contre Israël.
Pour la famille Haran et pour de nombreux Israéliens, la mort de Kuntar a refermé un chapitre douloureux. Elle a rappelé que la libération d’un terroriste dans un échange n’efface pas sa responsabilité, et que l’État hébreu garde la mémoire de ses victimes.

