Vidéo : le sommet islamique condamne le terrorisme, Abbas s’endort
Le sommet de l’Organisation de la coopération islamique, réuni à Istanbul, devait marquer l’unité du monde musulman face au terrorisme. Mais les images qui ont le plus circulé ne sont pas celles des discours : on y voit le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’assoupir pendant les débats.
Un communiqué contre le terrorisme
Le communiqué final du sommet affirme la détermination des États membres à rester unis dans la lutte contre le terrorisme. Malgré la présence du président iranien Hassan Rohani, le texte a également déploré l’ingérence de l’Iran dans les affaires intérieures des pays de la région et son soutien continu au terrorisme. Une formulation qui reflète les tensions entre l’Arabie saoudite et ses alliés d’un côté, l’Iran de l’autre.
Une solidarité difficile
Malgré la volonté affichée de combattre le terrorisme par des efforts conjoints, il est très difficile pour une organisation regroupant des États aussi nombreux et divers d’agir de manière solidaire. C’est ce qu’a souligné Ali Semin, analyste du Moyen-Orient au centre d’études stratégiques Wise Men Center, basé à Istanbul. Selon lui, les pays islamiques n’ont pas encore engagé d’action commune efficace contre le terrorisme, parce qu’ils sont confrontés à un danger plus grand encore : le sectarisme.
La rivalité entre sunnites et chiites, incarnée par l’opposition entre Riyad et Téhéran, traverse en effet de nombreux conflits de la région, de la Syrie au Yémen en passant par l’Irak. Elle empêche l’organisation de parler d’une seule voix.
L’image d’un dirigeant fatigué
Les images de Mahmoud Abbas endormi ont été largement partagées et commentées, souvent avec ironie. Pour ses critiques, elles symbolisent la lassitude d’une direction palestinienne vieillissante, sans renouvellement depuis de longues années et en perte de vitesse sur la scène internationale. La cause palestinienne, autrefois au cœur des sommets du monde musulman, y occupe désormais une place moins centrale, éclipsée par les guerres régionales et la menace djihadiste.
Au-delà de l’anecdote, ce sommet illustre la difficulté du monde musulman à transformer ses déclarations en politique commune. La condamnation du terrorisme fait consensus sur le papier, mais les intérêts divergents des États membres, leurs alliances et leurs rivalités rendent toute action collective très difficile. Les observateurs attendent désormais de voir si des mesures concrètes suivront ces déclarations.

