Un élu du Hamas lève le voile sur le financement des terroristes par l’Autorité palestinienne

On savait depuis longtemps que les terroristes palestiniens et leurs familles percevaient des allocations pour leurs actes. Cette fois, c’est un député du Hamas lui-même qui a levé le voile sur les sommes qui leur sont versées par l’Autorité palestinienne. Un témoignage embarrassant pour une Autorité souvent présentée en Occident comme l’alternative modérée au mouvement islamiste.

Des aveux venus de l’intérieur

Dans une interview, l’élu du Hamas a détaillé le mécanisme des versements aux prisonniers et aux familles des auteurs d’attaques tués. Ses propos visaient sans doute à souligner la solidarité palestinienne avec les détenus, mais ils ont surtout confirmé l’existence d’un système de rémunération structuré, financé par le budget de l’Autorité palestinienne.

Le montant des allocations dépend notamment de la durée de la peine prononcée : plus la condamnation est lourde, plus l’allocation est élevée. Les familles des assaillants tués perçoivent également des pensions. Pour les critiques, ce dispositif revient à récompenser la violence et à l’encourager.

L’argent des donateurs

L’Autorité palestinienne dépend en grande partie de l’aide internationale, notamment européenne. Les pays donateurs affirment que leurs fonds sont affectés à des projets précis, comme la santé, l’éducation ou les salaires des fonctionnaires. Mais l’argent étant fongible, ces contributions libèrent des ressources qui peuvent servir à financer les allocations versées aux terroristes.

En France, la question est restée longtemps absente du débat public. Plusieurs observateurs ont reproché aux grands médias de ne pas s’y intéresser, et aux autorités de ne pas exiger de garanties suffisantes sur l’usage des fonds publics.

Des réactions internationales

D’autres pays ont pris des mesures. Les États-Unis ont adopté une loi conditionnant une partie de leur aide à la fin de ces paiements. Plusieurs parlements européens ont débattu de la question, et certains gouvernements ont réduit ou suspendu des financements. Israël a pour sa part décidé de retenir sur les taxes qu’il collecte pour le compte de l’Autorité palestinienne un montant équivalent aux sommes versées aux détenus.

L’Autorité palestinienne refuse de renoncer à ce qu’elle présente comme un devoir social envers les familles de prisonniers. Mais les déclarations du député du Hamas ont montré que ce système n’a rien de secret pour les Palestiniens eux-mêmes. Elles posent une question simple aux bailleurs de fonds : peut-on soutenir le développement et la paix tout en finançant, même indirectement, ceux qui commettent des attentats ?