Un député arabe israélien pris la main dans le sac par la police

L’affaire a provoqué une tempête politique en Israël. Le député arabe israélien Basel Ghattas, membre de la Liste arabe unie, est soupçonné d’avoir profité de son immunité parlementaire pour faire passer des téléphones portables et des messages à des détenus palestiniens condamnés pour terrorisme.

Des visites sous surveillance

En sa qualité de député, Basel Ghattas bénéficiait d’un droit de visite auprès des détenus, et son statut lui évitait la fouille imposée à tous les autres visiteurs. Il s’est rendu dans une prison où sont incarcérés des prisonniers palestiniens, dont un homme condamné à la prison à vie pour l’enlèvement et l’assassinat du soldat Moshé Tamam.

Immédiatement après son départ, une fouille a été menée dans la cellule de ce détenu ainsi que dans une autre visitée par l’élu. Les gardiens y ont découvert une douzaine de téléphones portables et des lettres contenant des messages codés. La police a interpellé le député alors qu’il quittait l’établissement pénitentiaire.

La réaction du gouvernement

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré que, si les soupçons se confirmaient, le député devrait être suspendu de ses fonctions de législateur. Il a évoqué une atteinte grave à la sécurité des citoyens israéliens. Plusieurs responsables de la majorité ont réclamé la levée de son immunité et des sanctions exemplaires.

Dans les prisons, les téléphones portables sont considérés comme un enjeu de sécurité majeur. Ils permettent aux détenus de rester en contact avec des organisations à l’extérieur, de transmettre des consignes et parfois de coordonner des attaques. C’est pourquoi leur introduction est sévèrement réprimée.

Un débat sur le rôle des députés arabes

L’affaire a relancé la controverse sur l’attitude de certains élus arabes israéliens vis-à-vis des prisonniers palestiniens. Leurs partisans affirment qu’ils exercent un rôle légitime de représentation et de défense des droits des détenus. Leurs détracteurs estiment que certains franchissent la ligne rouge en apportant un soutien actif à des personnes condamnées pour des crimes de sang.

Basel Ghattas a d’abord contesté les accusations, en dénonçant une persécution politique. La Knesset a ensuite engagé la procédure de levée de son immunité afin de permettre à la justice de le poursuivre. L’affaire a montré que l’immunité parlementaire, destinée à protéger la liberté d’expression des élus, ne peut servir de couverture à des actes mettant en danger la sécurité publique. Elle a aussi rappelé la fragilité des relations entre l’État et une partie de la représentation politique arabe en Israël.