Un militant d’extrême gauche intercepté alors qu’il voulait fuir Israël
L’affaire a provoqué un vif débat en Israël. Un militant d’extrême gauche a été intercepté par la police alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. Il est soupçonné d’avoir dénoncé à l’Autorité palestinienne des Palestiniens qui vendaient des terres à des Juifs, une pratique passible de la peine de mort dans les territoires administrés par l’Autorité palestinienne.
Un reportage à l’origine de l’enquête
Tout est parti d’un reportage diffusé sur la deuxième chaîne de télévision israélienne. On y accusait des militants d’organisations de gauche de livrer des Palestiniens de Judée-Samarie aux services de sécurité palestiniens en les signalant comme vendeurs de terres. Après la diffusion, des plaintes ont été déposées, et la police a ouvert une enquête qui a conduit à plusieurs interpellations.
Parmi les personnes citées figure Ezra Nawi, militant connu pour son engagement dans les collines du sud d’Hébron. Dans des propos enregistrés, il affirmait signaler effectivement à l’Autorité palestinienne des Palestiniens soupçonnés de vendre des terres à des Juifs, tout en sachant que les services de sécurité palestiniens pouvaient les torturer, voire les tuer. Selon la police, l’activiste arrêté l’a été sur des soupçons de complicité dans ces violences.
La vente de terres, un sujet explosif
Dans le droit appliqué par l’Autorité palestinienne, la cession de terrains à des Israéliens est considérée comme une trahison. Des vendeurs présumés ont été emprisonnés, et certains ont été tués dans des circonstances jamais élucidées. Dénoncer un vendeur revient donc à exposer une personne à un danger grave, ce qui explique l’émotion suscitée par le reportage.
L’organisation B’Tselem, dont des militants ont également été évoqués dans l’affaire, a réagi en condamnant le principe des exécutions et en contestant toute implication dans des dénonciations. Le débat s’est rapidement porté sur le terrain politique, entre ceux qui y voient la preuve d’une dérive d’une partie de la gauche radicale et ceux qui dénoncent une campagne contre les ONG.
Des questions qui restent ouvertes
L’interpellation du militant à l’aéroport a renforcé les soupçons à son encontre, la police estimant qu’il tentait de se soustraire à l’enquête. Ses soutiens affirment au contraire qu’il n’avait aucune intention de fuir. C’est à la justice qu’il revient désormais d’établir les responsabilités de chacun.
Au-delà du dossier judiciaire, l’affaire met en lumière la situation des Palestiniens qui souhaitent vendre leurs terres et qui risquent leur vie pour l’avoir fait. Elle interroge aussi les limites de l’engagement militant, lorsque la défense d’une cause conduit à mettre en danger d’autres personnes.

